Sommaire
ILes différentes formes de l'engagement politiqueALes formes conventionnelles de l'engagement politiqueBLes formes non conventionnelles de l'engagement politiqueIILes causes de l'engagement politiqueALes variables explicatives de l'engagement politiqueBLe paradoxe de l'action collectiveIIILes transformations de l'action collectiveALa transformation des objets de l'action collectiveBLa transformation des acteurs de l'action collectiveCLa transformation des répertoires de l'action collectiveLes différentes formes de l'engagement politique
Les formes conventionnelles de l'engagement politique
Tout citoyen a, à sa disposition, un « répertoire d'actions politiques », c'est-à-dire différents moyens utilisés individuellement ou collectivement afin de s'exprimer politiquement.
L'engagement politique correspond à une participation active à la vie politique, mais aussi à la participation à l'action d'un parti ou mouvement politique. Il prend prendre différentes formes.
La participation politique conventionnelle désigne ensemble des moyens d'actions institutionnels centrés sur la participation au processus électoral à travers des actions telles que :
- le vote, qui consiste à choisir des représentants politiques qui vont prendre des décisions pour les citoyens ;
- le militantisme, qui correspond à l'action des adhérents au sein des partis comme la participation à des réunions, la diffusion de messages politiques, animation des campagnes électorales, etc. ;
- le syndicalisme, qui est le mouvement qui vise à unifier au sein de groupes sociaux, les syndicats, des professionnels pour défendre des intérêts communs.

Les formes non conventionnelles de l'engagement politique
La participation non conventionnelle, quant à elle, renvoie à toutes les formes de participation protestataire qui se situent aux marges du système de la démocratie représentative. Elle peut prendre différentes formes :
- la protestation politique peut se définir comme une forme de participation politique correspondant à des actions contestataires dirigées « contre » le pouvoir, le gouvernement, ou une politique particulière, collectives et directes qui mettent face à face les citoyens et les détenteurs du pouvoir ;
- la désobéissance civile, c'est-à-dire le « refus délibéré de suivre les prescriptions d'une loi, d'un décret ou d'une circulaire tenue pour indignes ou injustes », semble devenue une forme courante d'action politique ;
- par la consommation engagée, le citoyen peut aussi mener une action politique et devenir ainsi consomm'acteur. Il s'agit d'actions individuelles ou collectives visant à dénoncer ou promouvoir certaines pratiques marchandes à travers la consommation (buycott) ou la non-consommation (boycott) de produits.

Les causes de l'engagement politique
Les variables explicatives de l'engagement politique
Les variables lourdes du comportement politique sont des variables identifiées comme étant les plus prédictives du comportement politique d'un individu. De ce fait, il existe divers déterminants à l'engagement politique :
- les déterminants économiques : le statut professionnel et la détention de patrimoine expliquent en partie le vote. Il existe un clivage entre les travailleurs indépendants et les salariés ;
- les déterminants sociaux : le niveau de diplôme, la pratique religieuse, le lieu de résidence et l'âge déterminent en partie le vote ;
- le vote sur enjeu : les électeurs cherchent à optimiser leurs choix par un calcul rationnel (de type coûts/avantages) en fonction du mode de scrutin et des sondages ;
- l'origine sociale : le vote de classe représente les choix électoraux des individus qui seraient principalement déterminés par leur appartenance à une classe sociale et leur identité de classe ;
- la socialisation politique joue un rôle déterminant dans le comportement électoral, car c'est elle qui va former l'individu dans son engagement politique. Les milieux de socialisation sont pluriels : la famille, l'école mais aussi les médias ou encore les religions, etc. Elle transmet une culture politique et permet une identification partisane. La sociologue et politologue Anne Muxel montre que la socialisation politique peut correspondre à deux logiques concurrentes : une logique d'identification (un héritage à travers lequel les individus intègrent des normes et valeurs politiques de leurs parents et de leur milieu social d'origine) ou une logique d'expérimentation (processus de formation de l'identité et des choix politiques à travers les expériences concrètes et le vécu des individus).

Le paradoxe de l'action collective
Une action collective est une action commune menée par plusieurs personnes en vue d'atteindre un certain objectif (comme une manifestation) ou bien encore une action menée par une association, un groupe de pression. Pour qu'une action collective soit menée, il faut qu'il y ait d'abord une prise de conscience par les personnes concernées d'un intérêt commun à promouvoir et à la mobilisation qui les conduit à s'organiser et à instaurer des mécanismes de décisions collectives.
Mancur Olson (1932-1998) applique le raisonnement coûts/avantages à l'action collective et met à jour une situation paradoxale où un acteur rationnel a intérêt à profiter des résultats d'une action collective sans y participer et se comporter en passager clandestin.
Cependant, des incitations sélectives incitent les membres d'une organisation syndicale à participer à son activité sans adopter une logique de passager clandestin et peuvent être des sanctions positives ou négatives.
D'une part, les militants disposent de rétributions symboliques et financières lorsqu'ils se mobilisent. Les rétributions symboliques arrivent lorsque les militants retirent diverses satisfactions de leur engagement, dont certaines symboliques.
D'autre part, la structure des opportunités politiques qui désigne l'environnement politique auquel sont confrontés les actions collectives et mouvements sociaux, et qui peut selon la conjoncture exercer une influence positive ou négative sur leur émergence et leur développement, influe sur la possibilité d'émerger selon le contexte politique pour une action collective.

Les transformations de l'action collective
La transformation des objets de l'action collective
Le premier objet de l'action porte sur les conditions de vie et de travail qui poussent les individus à se rassembler pour défendre leurs intérêts communs. Mais avec l'amélioration des conditions de vie, les conflits du travail et sociaux ont laissé la place à de nouvelles actions collectives telles que les droits des minorités, l'environnement, l'égalité homme/femme, etc.
Les nouveaux mouvements sociaux sont donc des « mouvements culturels » qui ne concernent plus majoritairement la sphère du travail, de la production et de l'économie ; ils portent surtout sur des grandes valeurs, sur la culture et sur des pratiques sociales comme le féminisme, l'écologisme, le consumérisme, le régionalisme, l'altermondialisme, etc.

La transformation des acteurs de l'action collective
Au départ, les acteurs traditionnels participaient à l'action collective : les partis politiques, les syndicats, les groupes d'intérêt peuvent chercher à influencer les décisions des pouvoirs publics par le recours à la contestation et usent du répertoire d'action collective, la société civile organisée représente une partie de la société civile constituée d'organisations qui participent au bon fonctionnement de la démocratie.
Les nouveaux acteurs ne se rassemblent pas autour d'une appartenance de classe, ou PCS, mais autour d'une cause commune pour lutter pour des intérêts collectifs, sur une structure associative souvent éphémère. Ils font souvent appel à des personnes célèbres. Les nouveaux acteurs font partie de la société civile organisée pour porter leurs messages et revendications qui se veulent davantage portés sur la défense des autres et de la planète que sur des intérêts matérialistes. Le militantisme prend ici tout son sens en tant que forme d'engagement collectif à une cause de nature morale, sociale, politique, associative ou syndicale, souvent en vue de protester contre ce qui est perçu comme une injustice.

La transformation des répertoires de l'action collective
Les répertoires de l'action collective désignent l'ensemble des moyens d'actions dont dispose un groupe contestataire pour se faire entendre dans un lieu et une époque donnée.
Ce nouveau répertoire d'action serait caractérisé par l'apparition d'une dimension internationale des actions, à l'image du mouvement altermondialiste censé unir les peuples du monde et sauver la planète, mais aussi par de nouvelles formes d'organisations.
Ainsi, le nouveau répertoire de l'action collective (référendums, pétitions en ligne, marches dans le monde entier, boycott, sitting, etc.) s'appuie sur les nouvelles technologies et la mondialisation et se dirige davantage sur des valeurs, une planète et des hommes à défendre.
